RAPPORT DE LA VISITE DE TRAVAIL DE
L’ONG VALEURS D’AFRIQUE A NGAN’HA AU CAMEROUN
INTRODUCTION
Les journées du 28 et
29 mars 2012 ont été marquées par la visite de travail qu’a effectué KENFACK
Alain, président de l’ONG Valeurs d’Afrique à Ngaoundéré. Cette visite de
travail fait suite à une série d’échanges via le net et le téléphone visant à
projeter les bases d’une future collaboration entre les deux structures.
Deux temps forts ont marquée cette visite notamment :
- Une
descente dans la localité de Nganha et quelques communautés,
- Une
séance de travail au siège opérationnel de l’ONG SAJER à Ngaoundéré.
Les objectifs
poursuivis sont les suivants :
- Echanger
sur les objectifs poursuivis entre les deux structures dans l’optique de
dégager les axes de collaboration,
- Arrêter
une stratégie commune de collaboration.
Ce compte rendu que
nous avons préparé se propose de rendre compte du déroulement de la mission et
le contenu des échanges.
DÉROULEMENT
DE LA VISITE DE TRAVAIL.
Deux jours ont meublée
l’ensemble du séjour de l’ONG valeurs d’Afrique dans la ville de Ngaoundéré.
Jour
1 (28 mars 2012).
1. Une
descente dans la localité de Nganha et quelques communautés.
Cette phase a débuté
immédiatement avec l’arrivée du président de l’ONG Valeurs d’Afrique qui était
accompagné pour la circonstance par Monsieur GERARD Thomas à la gare voyageurs
de Ngaoundéré. Il s’est agi par la suite de les guider dans un hôtel de la
place.
Deux temps forts ont
ponctué cette phase :
- Le
premier temps fort a été consacré à la séance de travail tenue dans les locaux
de l’ONG SAJER afin de s’accorder sur le programme général élaboré à cet effet.
Il a été question d’une présentation sommaire effectuée par les responsables
des deux structures et la présentation du personnel SAJER ayant participé à la
séance de travail. On retiendra et au regard des missions poursuivies par les deux
structures un rapprochement en termes de vision.
- Le
deuxième temps fort a été marqué par une descente sur le terrain
particulièrement à Nganha et dans certaines communautés selon le programme
initial. En dehors des responsables des deux structures, deux personnels de
SAJER ont fait partie de la délégation. La délégation a subi son premier arrêt
à la chefferie supérieure Mboum de Nganha pour une visite de courtoisie. Les
échanges nourris avec sa majesté le Belaka ont permis de revisiter l’ensemble
des problèmes liés à l’emploi jeune au niveau rural, les aspects liés au
tourisme, la culture, etc. le point qui a le plus attiré l’attention a été la
relance du festival culturel « MGBOR YANGA » dont sa dernière édition
date d’au moins 02 Ans. Sa Majesté a surtout souligné les difficultés liées au
financement de ce festival. Reprenant la parole à cet effet, le président de
l’ONG valeurs d’Afrique a donné quelques pistes de financement qui passent par
une valorisation du festival à travers le sponsoring, la mise en valeur des
potentialités culturelles et une meilleure organisation qui peuvent contribuer
à un financement pérenne pour instituer définitivement ce festival. Il a
surtout entretenu sa Majesté sur les expériences vécues notamment expérience de Dschang)
et a promis une invitation à Sa majesté lors de la prochaine édition et la
disponibilité de VALEURS D’Afrique à la préparation et à la participation au
prochain festival culturel de Nganha.
Ensuite, il a été question de discuter
avec quelques jeunes leaders de la localité de Nganha sur les contraintes qui
freinent l’épanouissement des jeunes en milieu rural. En moyenne une dizaine de
participants mobilisés dans la salle d’audience de la Chefferie ont pris part à
cette séance. On retient après l’intervention de tous les jeunes que les
difficultés majeures rencontrées par les jeunes restent l’épineux problème de
financement de leurs activités. Le président de Valeurs d’Afrique a reprit la
parole pour situer les jeunes à travers un discours franc et réaliste. Il a
surtout noté que malgré les difficultés liées à l’accès au financement et ce qui favorise généralement
l’exode rural, il propose aux jeunes l’esprit de créativité qui doit surtout
les animer fort des mutations incontournables qui imposent le monde
d’aujourd’hui ( la mondialisation et la globalisation). C’est pour cela qu’il
préconise que cette difficulté ne doit pas être une menace, mais un début pour
amorcer une réflexion globalisante qui vise à un déclenchement d’un esprit
d’auto promotion à partir des ressources endogènes. Il a surtout demandé aux
jeunes de s’organiser et de mettre en place des activités de loisirs pour
amener les jeunes à s’arrimer aux modes de vie en zone urbaine. À titre d’exemple, a-t-il martelé, imaginez
la projection d’un film sur un lieu public en début de soirée, les activités de
commerce verront automatiquement le jour (comme le vendeur de soya, de
beignets, bouillie, etc ) et contribuent au renforcement de l’économie. C’est à travers les échanges et de
conseils que cette séquence s’est soldée.
Ensuite, une photo de famille avec les
jeunes entretenus, les responsables des ONG Valeurs d’Afrique et SAJER et sa
Majesté le Belaka devant l’entrée principale et un repas offert par le Chef a
mis fin à cette phase.
La délégation a poursuivi sa tournée
dans les communautés de Wamé Grand, Mbang Missira. Il était question de visiter
quelques groupes accompagnés par l’ONG SAJER sur des activités variées
notamment le stockage des céréales, le maraîchage et l’embouche bovine. C’est
qu’il faut noter ici est que ces groupes grâce à l’accompagnement de SAJER ont
bénéficié des crédits qui oscillent entre 1 à 2 millions de francs CFA. On
retiendra que malgré les financements, ces groupes sont butés à plusieurs
problèmes liés aux exigences des structures de micro finance sur le taux
d’intérêt pratiquement suicidaire, ce qui ne favorise pas à ces groupes de
vraiment s’émerger. A titre d’exemple, un groupe qui sollicite un crédit de 1
million de franc reçoit que finalement moins de 600 000 francs CFA après
déduction des fonds de garantie (25%) et autres. Cette situation témoigne un
peu les difficultés rencontrées par ces groupes.
Le président de l’ONG SAJER est revenu
sur ces mécanismes qui ne sont pas favorables au développement des activités
agropastorales. Il a profité pour émettre le vœu pour que valeurs d’Afrique
accompagne cette vision à travers la facilitation pour la recherche d’un
partenaire financier pour la constitution d’un fonds de garantie. Sa mise en
place pourra ainsi permettre à SAJER de déposer auprès des structures de micro
finance comme fonds de garantie pour les groupes accompagnés pour faciliter les
procédures d’obtention.
La délégation a prit ensuite le chemin
retour et les échanges concernant les observations de terrain ont animé tout le
long de voyage (2 heures et demi). C’est autour de 20 heures que la délégation
est arrivée à Ngaoundéré pour un repos pour cette journée de travail bien
chargée et le rendez pris le lendemain à 9 heures au siège de SAJER.
Jour
2 (29 mars 2012).
Cette journée était placée comme une
journée de mise au point à partir des grandes observations relevées sur le
terrain à la veille. Une séance de travail a eu lieu à cet effet au siège
opérationnel de l’ONG SAJER à Ngaoundéré. Le programme prévoyait les points
suivants :
- Un
mot introductif du président de SAJER suivi de la présentation individuelle des
participants,
- Une
présentation des différentes structures, ses activités, les objectifs
poursuivis, etc.,
- Un
regard sur les axes de collaboration possibles.
- Divers
C’est d’abord le président de SAJER qui
a prit la parole pour remercier d’emblée l’honneur de la structure qu’il dirige
d’accueillir le président de Valeurs d’Afrique. Il a rappelé un peu les
circonstances pour lesquelles les contacts ont été noués notamment à travers la
magie de l’Internet. Plusieurs correspondances ont été adressées à cette
occasion à plusieurs contacts identifiés. Il reconnaît tout de même la réaction
positive et immédiate de Valeurs d’Afrique et c’est à ce moment que les
discussions ont véritablement commencé jusqu’à la présente assise. Il a tenu
ainsi à remercier grandement pour cette disponibilité et l’intérêt démontré. Il
a enchaîné par une présentation de SAJER dont on ne dirait jamais assez est la
réponse alternative pour barrer la voie à l’exode rural.
Après présentation individuelle des
participants, la parole a été ensuite donnée au président de l’ONG Valeurs d’Afrique.
Il a souligné d’emblée d’être émerveillé par ce qu’il a vécu sur le terrain, la
jeunesse de l’équipe, etc. il a souligné tout de même toute sa satisfaction
concernant l’existence réelle de SAJER matérialisée par un siège avec un
personnel permanent au moment où tout est possible via internet et dont sa
volonté de venir visiter sur place en est une preuve. Mais, il a quand même relevé
quelques insuffisances notamment :
-
La vision de SAJER dont il faudra
penser à un contenu un peu plus large pour éviter de faciliter l’accès au
financement qui ne donne pas du tout une garantie subséquente pour encourager
le jeune à rester au village. Ceci est d’autant plus vrai dans le sens où le
jeune en période morte serait tenté de retourner en ville. Pour cela, il a
préconisé la diversité des activités en mettant l’accent sur les activités
attractives comme moyen par lequel le jeune pourra facilement se retrouver dans
la peau d’un citadin.
-
L’absence d’un siège à Nganha apparaît
comme une limite au moment où ceci pourra mieux accompagner le concept initial
« mieux vivre au village, c’est possible » où les jeunes peuvent
s’inspirer pour définitivement développer leurs activités. A ceci, il a
préconisé la construction d’un siège en matériaux locaux pour la vulgarisation
de la culture locale.
-
L’absence des outils d’animation qui
constituent un handicap réel, car ne permet pas de vulgariser à sa juste valeur les activités de
l’organisation à l’instar d’un vidéo projecteur, appareil photo numérique, ordinateur portable, etc. il a surtout
précisé que tous ces outils sont déterminants pour organiser des soirs au
village à travers la projection d’un documentaire éducatif, film, etc.
Il a clôturé son intervention par les
propositions suivantes :
· Vendre l’image de nos villages pour les rendre plus
attractifs
· Relancer le festival Mbor-Yanga.
·
Développer
l’attractivité des villages (découverte, échange culturel etc.…).
·
Mettre sur
pied un réseau avec d’autres organisations de la société civile.
· Création d’un réseau des partenaires africains (jeunes)
des villages.
· Travailler sur des champs précis.
· Sensibilisation des jeunes sur la devise de SAJER.
· Innover les activités dans les villages.
· Vision du village Ngan‘ha à l’horizon 2015 voir
2020.
· Création des réseaux des villages par la création
des activités attractives dans ces villages.
· Faire des campagnes de sensibilisation de la
jeunesse.
· Promouvoir l’épanouissement de l’individu et de sa
famille.
· Chercher à faire dans les villages les activités
qui se font en ville pour encourager les jeunes à y rester.
· Réflexion sur la mise en place d’un Partenariat
entre villages camerounais et français.
· Promotion de l’Industrie de loisirs (randonnée,
petite projection publique).
· Travailler sur des documentaires (jeunesse,
coopération et autres activités).
· Formation des membres de SAJER par Valeurs d’Afrique
(montage de projets…).
· Promouvoir la notion de service chez les jeunes
dans les villages.
· Promouvoir l’implication des médias dans les activités
de la structure.
· Transfert des institutions de SAJER à Ngan’ha.
· Faire un plan pour la finalisation de la chefferie
de Ngan’ha et du siège de SAJER.
· Renforcer SAJER en responsabilisant chaque membre
dans un domaine précis.
· Arrêter un agenda précis.
· Signature d’une Convention entre les deux structures.
Il a surtout exhorté
SAJER de s’appuyer sur ses propositions et dont Valeurs d’Afrique s’engage à
l’accompagner. Les deux structures ont revisité quelques points qui feront
l’objet d’une collaboration imminente à savoir :
- La dotation de SAJER des outils d’animation (vidéo
projecteur, appareil numérique, etc) pour la promotion de l’industrie de
loisirs dans les villages,
- L’élaboration d’un plan de construction du siège
assorti d’un devis pour amorcer le processus de recherche de financement,
- Réaliser les plans de finalisation de la chefferie
et renvoyer pour recherche d’un partenaire financier,
- Susciter et accompagner le Chef Supérieur à la
relance du festival et dont valeurs d’Afrique s’est engagé à participer à la
réflexion,
- Réflexion sur la mise en place d’un Partenariat
entre villages camerounais et français.
- L’accompagnement de SAJER à rechercher des
partenaires financiers. Valeurs d’Afrique se propose donc de monter les projets,
d’identifier les partenaires potentiels et de soumettre les propositions.
C’est au terme de ces
échanges que la séance de travail s’est achevée sur une note de satisfaction
générale. Il a été décidé que les discussions seront poursuivies comme d’habitude
à travers le net. Une photo de famille à l’entrée principale du siège de SAJER
a ponctuée cette séance de travail.
Quelques membres de
SAJER ont ensuite accompagné le président de Valeurs d’Afrique à la gare
voyageuse à 18 heures où il était visiblement satisfait du bref séjour passé
dans la ville de Ngaoundéré.
FOPA
TSASSÉ LUCAS
Vice
Président SAJER



